L’intelligence artificielle (IA) s’est imposée en quelques années comme une composante incontournable du quotidien des Français. Recherche d’informations, rédaction de contenus, aide à la décision ou planification de projets : les usages de l’IA se multiplient à une vitesse fulgurante.
Cette transformation numérique impacte désormais directement le domaine financier. Pour préparer leur retraite, comprendre les subtilités d’un plan d’épargne entreprise ou comparer diverses options de placements, de plus en plus de Français se tournent vers l’IA avant de prendre une décision financière importante.
Une adoption massive de l’IA
L’intelligence artificielle n’est plus réservée aux experts. Selon le Baromètre du numérique 2025 publié par l’Arcep, le Credoc et l’ANCT (1), 48 % des Français utilisent désormais des outils d’IA générative, soit une progression de 15 points en un an.
Les jeunes actifs montrent un intérêt particulièrement marqué : 85 % des 18-24 ans déclarent recourir à ces technologies. Les cadres et professions intellectuelles supérieures ne sont pas en reste, avec un taux d’adoption de 76 %.
Une part croissante des salariés est déjà familiarisée avec ces outils. Cette tendance est appelée à s’accentuer, favorisée par la généralisation de l’IA dans les environnements professionnels.
Les Français sollicitent l’IA pour les décisions d’investissement et d’épargne
L’utilisation de l’IA dépasse désormais les tâches quotidiennes pour s’immiscer dans des domaines plus stratégiques. D’après le Baromètre AMF 2025 de l’épargne et de l’investissement (2), 11 % des Français déclarent utiliser l’intelligence artificielle comme source d’information primaire avant d’effectuer un placement financier. Ce chiffre monte à 19 % chez les moins de 35 ans.
L’étude révèle également une évolution notable des comportements : 44 % des Français affirment désormais prendre seuls leurs décisions d’investissement, contre seulement 34 % en 2022. Cette quête d’autonomie favorise naturellement le recours à de nouveaux outils d’aide à la décision, dont l’IA.
Il est important de noter que l’IA n’est généralement pas consultée comme unique référence. Parmi ceux qui l’utilisent pour leurs investissements, 95 % déclarent également consulter d’autres sources d’information ou d’autres interlocuteurs avant de finaliser leur décision. L’IA apparaît donc davantage comme un outil de compréhension et de vulgarisation financière que comme un substitut au conseil humain.
Cette dynamique met en lumière l’émergence de nouveaux réflexes pour s’informer sur les sujets financiers, tout en maintenant une recherche constante de sources fiables pour valider leurs choix.
Une confiance encore limitée envers l’IA
L’adoption généralisée ne rime pas nécessairement avec une confiance totale. L’étude internationale « Trust, Attitudes and Use of Artificial Intelligence » menée par KPMG et l’Université de Melbourne (3) indique que parmi les Français utilisant l’IA, seuls 33 % déclarent faire pleinement confiance aux systèmes d’intelligence artificielle.
Ce décalage est particulièrement révélateur : les Français exploitent l’outil, mais conservent un regard critique sur les réponses obtenues. Pour les sujets financiers, cette prudence s’avère même être un réflexe sain et nécessaire.
Les salariés cherchent avant tout à comprendre
Dans la majorité des cas, les utilisateurs ne demandent pas à l’IA de choisir à leur place. Ils l’utilisent plutôt pour :
- Comprendre le fonctionnement d’un PER,
- Décrypter les avantages de l’épargne salariale,
- Comparer différents dispositifs,
- Préparer des questions avant un rendez-vous avec un conseiller,
- Mieux appréhender les enjeux de leur retraite future.
L’intelligence artificielle joue ainsi un rôle essentiel de vulgarisation et de démocratisation de l’information financière, répondant à un besoin réel de pédagogie.

Une opportunité pour les entreprises
Ces nouveaux comportements doivent interpeller les Directions des Ressources Humaines (DRH). Si les salariés utilisent déjà l’IA pour obtenir des réponses sur leur épargne ou leur retraite, la qualité des informations auxquelles ils accèdent devient un enjeu majeur.
L’entreprise dispose alors d’un rôle essentiel : fournir un cadre d’information fiable, pédagogique et accessible. L’épargne salariale et l’épargne retraite représentent souvent l’un des avantages les plus appréciés des collaborateurs. Pourtant, leur fonctionnement reste parfois mal compris. L’IA peut contribuer à démocratiser l’accès à l’information, mais elle ne remplace ni l’accompagnement humain ni l’expertise des professionnels.
L’avenir : une combinaison entre technologie et conseil humain
Les chiffres montrent que les Français adoptent rapidement les outils d’intelligence artificielle, y compris pour leurs réflexions financières. Cependant, ils continuent de privilégier les sources expertes lorsqu’il s’agit de prendre une décision engageant leur patrimoine ou leur retraite.
Pour les entreprises, l’enjeu n’est donc pas de remplacer le conseil par l’IA, mais de tirer parti de ces nouveaux usages pour renforcer la pédagogie autour de l’épargne salariale et de l’épargne retraite. Demain, les salariés arriveront probablement à leurs rendez-vous d’information avec une première question devenue courante : « J’ai demandé à ChatGPT ce qu’il pensait de mon épargne retraite, qu’en pensez-vous ? »
Sources :