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Partager la valeur : l’atout stratégique des entreprises pour conjuguer performance collective et fidélisation

12 mai 2026
Temps de lecture estimé : 1 min

Dans un contexte où la performance économique et l’engagement des collaborateurs sont plus que jamais liés, la participation et l’intéressement prennent une nouvelle dimension.
Bien conçus, ces dispositifs peuvent à la fois soutenir la stratégie d’entreprise et renforcer l’attractivité auprès des talents.


Nous avons interrogé Rim Ennajar-Sayadi, Directrice de l’Epargne Retraite Entreprises chez AXA France pour comprendre comment transformer ces mécanismes en véritables leviers RH et managériaux.

Interview
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Rim Ennajar-Sayadi Directrice Epargne Retraite Entreprise AXA France 12 mai 2026
1.

Pourquoi la participation et l’intéressement ne doivent plus être considérés comme de simples outils de redistribution ?

Je pense qu’il est essentiel de changer notre regard sur la participation et l’intéressement. Loin d’être de simples mécanismes de redistribution des résultats, ces dispositifs sont désormais de véritables leviers stratégiques pour l’entreprise et ses salariés.

Premièrement, la participation et l’intéressement jouent un rôle clé dans l’engagement et la fidélisation des collaborateurs. D’après l’enquête de l’Association Française de la Gestion Financière (AFG), en 2025, plus de 442 000 entreprises en France proposent au moins un dispositif d’épargne salariale ou d’épargne retraite. Un chiffre en hausse de 6,2% par rapport à l’année précédente et qui bénéficie désormais à près de 13,2 millions de salariés.

Deuxièmement, ces dispositifs encouragent l’épargne sur le long terme et le financement de l’économie. En permettant aux salariés de constituer une épargne durable, ils participent à leur sécurité financière future tout en injectant des fonds dans l’économie réelle.

Enfin, la participation et l’intéressement sont aujourd’hui au cœur du dialogue social et de la politique de partage de la valeur en entreprise, portés par les récentes évolutions législatives. Ils contribuent à renforcer la cohésion d’équipe, à attirer les talents et à ancrer l’entreprise dans une démarche de responsabilité sociale.

En résumé, les dispositifs tels que la participation et l’intéressement sont devenus des piliers de la stratégie RH et sociale des entreprises. Ils permettent d’impliquer les salariés dans la réussite collective, de préparer l’avenir et de renforcer l’attractivité sur un marché du travail de plus en plus concurrentiel.

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« La participation et l’intéressement constituent de véritables atouts stratégiques pour renforcer l’attractivité d’une entreprise. »

2.

En quoi les dispositifs de partage de la valeur peuvent-ils renforcer l’attractivité d’une entreprise ?

La participation et l’intéressement sont aujourd’hui bien plus que des outils financiers, ils constituent de véritables atouts stratégiques pour renforcer l’attractivité d’une entreprise.

D’abord, ces dispositifs représentent un avantage financier concret et différenciant dans la politique globale de rémunération.

Ensuite, ils répondent à une attente forte des salariés, en particulier des nouvelles générations. Les collaborateurs recherchent aujourd’hui du sens, une reconnaissance de leur implication et la possibilité de participer activement à la réussite collective.

En mettant en place la participation et l’intéressement, l’entreprise renforce sa Marque Employeur et projette l’image d’une organisation équitable et soucieuse du bien-être de ses équipes.

Enfin, la participation et l’intéressement offrent un excellent levier pour permettre aux salariés d’investir pour leur avenir, avec des avantages fiscaux à la clé.

Un homme regardant son portable - Partage de la valeur
3.

Comment concevoir un dispositif qui soutienne réellement la performance collective ?

Bien que chaque solution agisse différemment, elles convergent vers un objectif commun : lier la réussite de l’entreprise à celle des salariés.

La participation se distingue par son lien direct avec le résultat financier global de l’entreprise. Son mécanisme est souvent basé sur un critère objectif, reflétant la performance économique annuelle. C’est un moyen puissant de faire comprendre à chaque collaborateur que sa contribution individuelle et collective impacte directement la santé financière de l’organisation.

L’intéressement, quant à lui, permet d’élargir le champ des possibles en intégrant des critères opérationnels précis, comme l’atteinte d’un niveau de qualité spécifique, ou des objectifs RSE comme favoriser les fournisseurs locaux ou réduire la consommation d’énergie. Cette adaptabilité fait de l’intéressement un outil idéal pour piloter et récompenser des objectifs stratégiques variés alignés avec les valeurs de l’entreprise.

Dans ces deux cas, le lien entre la performance collective et le partage de la valeur générée est intuitif et transparent.

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« Sans pédagogie, beaucoup de salariés n’exploitent pas toutes les possibilités d’épargne qui leur sont offertes. »

4.

Quel rôle joue l’accompagnement des collaborateurs dans la réussite du dispositif ?

L’accompagnement est déterminant pour le succès de dispositifs comme la participation et l’intéressement. Ce sont des mécanismes perçus parfois comme complexes. Sans pédagogie, beaucoup de salariés ne mesurent pas pleinement leur intérêt ou n’exploitent pas toutes les possibilités d’épargne et d’optimisations fiscales qui leur sont offertes.

Concrètement, on observe que l’engagement des salariés est nettement plus fort dans les entreprises qui investissent dans l’information, le conseil et l’accompagnement personnalisé.

Toujours d’après l’enquête de l’AFG, en 2025, la collecte brute sur les dispositifs d’épargne salariale a atteint le niveau record de 23,4 milliards d’euros, avec une forte hausse des versements volontaires : +12 % par à 2023. Cette progression s’explique en partie par une pédagogie renforcée autour de ces dispositifs, une meilleure compréhension de leur fonctionnement et par l’accompagnement mis en place par les employeurs.

L’accompagnement permet aussi de renforcer la confiance, de répondre aux questions individuelles, et de valoriser la politique sociale de l’entreprise.

Une femme travaillant le bois - Partage de la valeur

Concrètement, certains employeurs organisent des webinaires ou des ateliers avec des experts. D’autres offrent un suivi personnalisé via des conseillers ou des outils d’aide à la décision en ligne pour aider chaque salarié à optimiser ses choix d’épargne en fonction de ses objectifs personnels (retraite, achat immobilier, …).

C’est un investissement qui bénéficie à tous : plus les salariés sont accompagnés, plus ils participent activement, et plus le dispositif a de chances de remplir ses objectifs, tant pour les collaborateurs que pour l’entreprise.

5.

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes à éviter ?

Pour qu’un dispositif tel que la participation ou d’intéressement soit réellement efficace, il ne faut pas oublier d’aligner ces dispositifs avec la culture et les objectifs de l’entreprise. Un dispositif standardisé, sans lien avec les valeurs ou les enjeux du collectif, risque de ne pas susciter l’adhésion espérée.

En résumé pour maximiser l’efficacité des dispositifs de partage de la valeur, ils doivent être pensés comme des outils vivants : intégrés à la politique sociale, compris par les collaborateurs, adaptés aux évolutions du marché et portés par un véritable engagement de l’entreprise.

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