Selon les professionnels de la gestion d’actifs, l’encours des fonds « verts » a progressé de près de 5% l’an dernier (1).

Qu’est-ce que l’investissement responsable (IR) ?

L’Investissement Responsable (IR) consiste à combiner performance financière et développement durable. Concrètement, cela se traduit par l’acquisition de parts dans des fonds d’entreprises (principalement des grands groupes) ayant une bonne note de la part des agences de notation extra-financière. Ces organismes indépendants ne se contentent pas des critères financiers (chiffre d’affaires, bénéfices, marge nette, part de marché…) pour évaluer les entreprises, ils utilisent aussi des critères dits « extra-financiers ».

Il s’agit des critères qu’on appelle ESG :

  • Environnementaux : réduction des émissions de CO2, diminution de la consommation d’eau et d’électricité, recyclage et revalorisation des déchets, recours aux énergies renouvelables…,
  • Sociaux : respect du dialogue social, promotion de la parité et de diversité, emploi de personnes présentant un handicap, charte de bonne conduite avec les prestataires…
  • Gouvernance : lutte contre la corruption, transparence des rémunérations des dirigeants, nomination d’administrateurs indépendants, respect du droit des actionnaires….

Les parts de fonds ESG peuvent être logées dans un compte-titres, un plan d’épargne en actions (PEA) – à condition qu’ils intègrent uniquement des titres d’entreprises françaises ou européennes -, un contrat d’assurance vie ou encore un plan d’épargne retraite (PER).

Investissement responsable : quand les chiffres révèlent une tendance de fond

L’enquête annuelle de l’Association Française de la Gestion financière (AFG), présentée en avril 2026, révèle que le total des fonds investis en IR a continué de progresser, atteignant 2 971 milliards d’euros l’an dernier, soit une augmentation de 4,8%. Cette croissance s’inscrit dans la continuité d’une année 2024 déjà très dynamique, qui avait vu ces fonds croître de 15%.

Parallèlement, les épargnants français sont de plus en plus sensibles à cette démarche. Selon l’enquête réalisée par l’Ifop pour le FIR (2), plus de la moitié d’entre eux (52%) déclarent désormais intégrer les impacts environnementaux et sociaux dans leurs choix de placements. Cette tendance est particulièrement marquée chez les jeunes : 68% des 18-25 ans et 65% des 25-35 ans y accordent une importance primordiale.

Ces indicateurs soulignent une transformation profonde et durable des attentes des investisseurs et des pratiques du secteur. Ils confirment également la détermination constante des sociétés de gestion françaises à s’engager pour l’investissement responsable.

Comment s’explique l’engouement pour l’investissement responsable (IR) ?

L’essor de l’investissement responsable s’explique par la prise de conscience de la part des investisseurs institutionnels (banques, assureurs, caisses de retraite, fonds de pension…) et des investisseurs particuliers de la nécessité de s’inscrire dans un monde plus durable. Ce changement d’état d’esprit est favorisé par la législation, notamment en matière d’épargne salariale.

En effet, depuis le 1er janvier 2010, la loi de modernisation de l’économie (LME) oblige les plans d’épargne entreprise (PEE) à proposer au moins un fonds commun de placement d’entreprise solidaire (FCPES), qui relève de l’investissement responsable.

La loi Pacte (pour Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) du 22 mai 2019 a étendu cette obligation au plan d’épargne retraite d’entreprise collectif (PERECO) et au plan d’épargne retraite d’entreprise obligatoire (PERO).

À la suite de l’adoption de la loi du 29 novembre 2023 sur le partage de la valeur au sein des entreprises, les PEE, PERECO et PERO doivent, depuis le 1er juillet 2024, proposer, au moins un fonds labellisé au titre du financement de la transition énergétique et écologique ou de l’investissement socialement responsable. Plus précisément, il s’agit de fonds ayant le label ISR (Investissement socialement responsable), le label France Finance Verte (ex-Greenfin), le label Finansol (finance solidaire), le label Relance (ex-France Relance) ou le label CIES (Comité intersyndical de l’épargne salariale).

 

En résumé, si l’investissement responsable ne cesse de se développer en France au point d’y être devenu majoritaire, c’est parce que les fonds ESG répondent à la volonté des investisseurs d’allier rendement et dimensions environnementales et sociales. Ce mouvement a, par ailleurs, été encouragé par le législateur.

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