Le Budget de la Sécurité sociale pour 2026 et la revalorisation annuelle du plafond de la Sécurité sociale ont un impact pour les salariés des entreprises en 2026 en matière d’épargne salariale et de retraite.
Hausse de la CSG sur l’épargne salariale
La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 a instauré une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) de 1,4 point de pourcentage sur les gains des placements.
Plusieurs catégories de placements ne sont pas concernées :
- l’assurance vie,
- les plans et comptes d’épargne logement (PEL, CEL),
- le Plan Épargne Populaire (PEP)*,
- les revenus fonciers et
- les plus-values immobilières.
Cette augmentation, qui sert à financer les dépenses consacrées à l’autonomie, s’applique donc, depuis le 1er janvier 2026.
La LFSS 2026 reste floue sur les conséquences de la hausse de la CSG, notamment sur l’épargne salariale et de l’épargne retraite d’entreprise. Il faudra attendre la publication de l’instruction de l’administration fiscale pour savoir précisément son impact sur l’épargne salariale et l’épargne retraite, individuelle et collective.
À l’heure d’aujourd’hui, voilà ce que l’on peut dire :
- Les primes d’intéressement, les primes de participation, les primes de partage de la valeur (PPV), les abondements versés par l’employeur et les jours de repos non pris et monétisés ne sont pas concernés par la hausse de la CSG, car il s’agit de revenus du travail et non de revenus du capital.
En revanche, la plus-value réalisée lors de la sortie du Plan d’Épargne Retraite (PER) est soumise à la hausse. - Les plus-values issues d’un plan d’épargne entreprise (PEE) sont désormais assujetties aux prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité) à 18,6% (au lieu de 17,2%)**. Elles demeurent exonérées d’impôt sur le revenu.
Augmentation de 2% du plafond annuel de la Sécurité sociale
Un arrêté publié au Journal Officiel daté du 23 décembre 2025 a officialisé la revalorisation de 2% du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) au 1er janvier 2026. Cette augmentation entraîne une hausse des plafonds d’abondement. En effet, les entreprises peuvent, pour chaque versement effectué par leurs salariés sur leur plan d’épargne salariale, ajouter jusqu’à 300% de celui-ci, dans la limite annuelle de :
- 8% du PASS, soit 3.844 euros en 2026 (3.768 euros en 2025), pour un PEE ou un PEI
- 16% du PASS, soit 7.689 euros en 2026 (7.536 euros en 2025), pour un Perco ou un PERECO.
Suspension temporaire de la réforme des retraites de 2023
L’augmentation progressive de l’âge légal (l’âge minimum de départ à la retraite) de 62 à 64 ans et de la durée de cotisation (le nombre de trimestres requis pour toucher une retraite à taux plein) de 168 à 172 trimestres, instaurée par la dernière réforme des retraites, est mise en pause à compter du 1er septembre 2026 jusqu’au 1er janvier 2028.
Concrètement, les salariés et les fonctionnaires « sédentaires » nés entre 1964 et 1968 gagneront entre 1 et 2 trimestres sur l’âge légal de départ à la retraite. Pour percevoir une retraite sans décote, ils devront justifier de 170 ou 171 trimestres selon leur date de naissance.
Au final, les 64 ans seront appliqués aux salariés et fonctionnaires sédentaires nés à compter du 1er janvier 1969 (au lieu du 1er janvier 1968) et les 172 trimestres aux salariés nés à compter du 1er janvier 1966 (au lieu du 1er janvier 1965).
| Date de naissance | Âge légal de départ | Durée de cotisation |
| Du 1er janvier au 31 décembre 1963 | 62 ans et 9 mois | 170 trimestres |
| Du 1er janvier au 31 décembre 1964 | 62 ans et 9 mois (au lieu de 63 ans) | 170 trimestres (au lieu de 171 trimestres) |
| Du 1er janvier au 31 mars 1965 | 62 ans et 9 mois (au lieu de 63 ans et 3 mois) | 170 trimestres (au lieu de 172 trimestres) |
| Du 1er avril au 31 décembre 1965 | 63 ans (au lieu de 63 ans et 3 mois) | 171 trimestres (au lieu de 172 trimestres) |
| Du 1er janvier au 31 décembre 1966 | 63 ans et 3 mois (au lieu de 63 ans et 6 mois) | 172 trimestres
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| Du 1er janvier au 31 décembre 1967 | 63 ans et 6 mois (au lieu de 63 ans et 9 mois) | 172 trimestres
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| Du 1er janvier au 31 décembre 1968 | 63 ans et 9 mois (au lieu de 64 ans) | 172 trimestres
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| À partir du 1er janvier 1969 | 64 ans | 172 trimestres |

Conséquence de la suspension de la réforme sur les carrières longues
La retraite anticipée pour carrière longue (RACL) permet à tous les actifs (dont les salariés et fonctionnaires), qui ont commencé à travailler jeune et qui ont tous leurs trimestres, de partir plus tôt à la retraite. La réforme de 2023 a instauré quatre cas de départ anticipé :
- À 58 ans, pour les salariés qui ont validé cinq trimestres (pour ceux nés entre le 1er janvier et le 30 septembre) ou quatre trimestres (pour ceux nés entre le 1er octobre et le 31 décembre) avant leurs 16 ans.
- À 60 ans, pour les salariés qui ont validé cinq ou quatre trimestres avant leurs 18 ans.
- À 62 ans, pour les salariés qui ont validé cinq ou quatre trimestres avant leurs 20 ans.
- À 63 ans, pour les salariés qui ont validé cinq ou quatre trimestres avant leurs 21 ans.
Le Budget de la Sécurité sociale pour 2026 ne modifie pas les RACL à 16 et 18 ans car les départs sont jugés déjà précoces, ni la RACL à 21 ans car elle n’est pas concernée par la suspension de la réforme des retraites de 2023. Seuls les paramètres de la RACL à 20 ans ont été changés (voir tableau).
| Date de naissance | Âge départ | Durée de cotisation |
| Du 1er janvier au 31 décembre 1964 | 60 ans et 3 mois (au lieu de 60 ans et 6 mois) | 170 trimestres (au lieu de 171 trimestres) |
| Du 1er janvier au 31 mars 1965 | 60 ans et 3 mois (au lieu de 60 ans et 9 mois)
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170 trimestres (au lieu de 172 trimestres) |
| Du 1er avril au 31 décembre 1965 | 60 ans et 6 mois (au lieu de 60 ans et 9 mois) | 171 trimestres (au lieu de 172 trimestres) |
| Du 1er janvier au 31 décembre 1966 | 60 ans et 9 mois (au lieu de 61 ans) | 172 trimestres
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| Du 1er janvier au 31 décembre 1967 | 61 ans (au lieu de 61 ans et 3 mois) | 172 trimestres
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| Du 1er janvier au 31 décembre 1968 | 61 ans et 3 mois (au lieu de 61 ans et 6 mois) | 172 trimestres
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| Du 1er janvier au 31 décembre 1969 | 61 ans et 6 mois (au lieu de 61 ans et 9 mois) | 172 trimestres |
| Du 1er janvier au 31 décembre 1970 | 61 ans et 9 mois (au lieu de 62 ans) | 172 trimestres
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| Du 1er janvier au 31 décembre 1971 | 62 ans | 172 trimestres |
Prise en compte des enfants dans la retraite anticipée pour carrière longue (RACL)
Les huit trimestres par enfant octroyés aux salariées au titre de la maternité, de l’adoption et de l’éducation n’étaient pas pris en compte dans la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier de la retraite anticipée pour carrière longue. Le projet de loi prévoit que deux trimestres par enfant sont désormais comptabilisés.
Nouveau calcul de la retraite de base des mères
Dans le privé, les retraites de base sont calculées sur la moyenne des 25 meilleures années de salaires. Pour les retraites liquidées à partir du 1er janvier 2026, la pension de base des mères de famille serait calculée :
- Sur la moyenne des 24 meilleures années de carrière avec un enfant.
- Sur la moyenne des 23 meilleures années de carrière avec deux enfants et plus.
Ce nouveau mode de calcul devrait augmenter le montant de la retraite de base de 50% des futures retraitées.
Revalorisation des retraites de base de 0,9%
Comme le prévoit le Code de la Sécurité sociale, les retraites de base sont indexées (sauf en cas de décision gouvernementale), chaque année, au niveau de l’inflation afin que les retraités ne perdent pas en pouvoir d’achat. Compte tenu des prévisions de hausse des prix de l’Insee, la revalorisation des retraites de base des salariés et des fonctionnaires atteint 0,9% au 1er janvier 2026.
Elle s’applique également aux pensions de réversion de base versées aux conjoints survivants qui représentent 54% de la retraite de base des salariés décédés et 50% de celle des fonctionnaires décédés.
Pour rappel, les retraites complémentaires des salariés du privé n’ont, elles, pas été revalorisées au 1er novembre 2025, faute d’accord entre les partenaires sociaux, gestionnaires de l’Agirc-Arrco.
* Le produit d’épargne PEP n’est plus commercialisé depuis le 25 septembre 2003, il demeure cependant valable pour ceux qui en détiennent encore un.
** Ne sont pas concerné les versements effectués sur un Plan d’Épargne Entreprise soumise aux « taux historiques » (versements avant 2018).