Plusieurs changements en 2026 dans les arrêts maladie, les soins de proximité ou encore les consultations médicales et les soins dentaires, concernent les salariés du secteur privé.
Renforcement du « parcours de prévention santé »
En 2026, un parcours de prévention santé structuré se déploie plus largement pour encourager la promotion de la santé et la prévention des risques au-delà de la seule prise en charge curative. À l’instar de ce qui est prévu par plusieurs politiques publiques nationales visant à renforcer les actions de prévention dès le début de l’année 2026, l’approche privilégie des dispositifs éducatifs et d’information ciblés, le repérage des facteurs de risque et l’orientation précoce vers des soins ou des actions de dépistage adaptés, dans une logique d’efficience du système de santé.
Un exemple concret est l’évolution du Parcours Prévention Santé (PPS) (initialement conçu pour remplacer le certificat médical dans les courses running), qui devient en 2026 un Pass Prévention Santé valable 1 an au tarif annuel de 5 €, intégrant des contenus de sensibilisation renforcés et visant à responsabiliser chaque participant vis-à-vis de sa santé et de sa pratique sportive.
Ce type d’initiative illustre une volonté de structurer et d’élargir les parcours de prévention en santé, en les rendant plus opérationnels et en facilitant l’engagement volontaire des individus vers des comportements préventifs (dépistage, activité physique, hygiène de vie, etc.).
Revalorisation de certaines consultations médicales
Dans le cadre de la convention médicale signée entre l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM) et les syndicats des médecins libéraux pour la période 2024-2029, plusieurs revalorisations de consultations sont entrées en vigueur le 1er janvier 2026. Elles concernent plus particulièrement la santé des enfants, des femmes, des personnes âgées et certaines spécialités médicales.
- Santé des enfants / pédiatrie
– Consultations des enfants de moins de deux ans et examens obligatoires revalorisés à 40 euros (39 euros en 2025)
– Autres examens obligatoires entre la naissance et l’âge de deux ans revalorisés à 50 euros (40 euros en 2025)
– Instauration d’une consultation de recours au pédiatre (pour les situations nécessitant un avis spécialisé) à 60 euros, sur adressage de la protection maternelle infantile (PMI), de la médecine scolaire ou de certains professionnels paramédicaux
- Santé mentale / psychiatrie et pédopsychiatrie
– Consultation de référence coordonnée pour les plus de 25 ans revalorisée à 57 euros (55 euros en 2025)
– Consultation de référence coordonnée pour les moins de 25 ans revalorisée à 75 euros (67 euros en 2025)
- Santé des personnes âgées / gériatrie
– Consultation du gériatre revalorisée à 42 euros (37 euros en 2025)
– Instauration d’une consultation longue pour les patients de plus de 80 ans à 60 euros pour répondre à trois situations : le retour à domicile après une hospitalisation, l’ouverture d’un dossier d’accompagnement social pour favoriser le maintien à domicile et la révision des traitements pour les patients poly-médiqués.
- Gynécologie médicale
– Consultation coordonnée revalorisée à 40 euros (37 euros en 2025)
- Dermatologie
– Consultation coordonnée dédiée au dépistage du mélanome revalorisée à 60 euros (44 euros en 2025)
- Endocrinologie
– Consultation complexe (diabète, troubles hormonaux…) revalorisée à 62 euros (48 euros en 2025)
- Neurologie
– Consultation coordonnée revalorisée à 57 euros (55 euros en 2025)
- Médecine physique et de réadaptation
– Consultation revalorisée à 40 euros (36 euros en 2025).
Grâce à la complémentaire santé collective, le salarié ne subit pas de reste à charge (de sommes restantes à payer après remboursements de l’Assurance maladie et de la « mutuelle » d’entreprise).
Revalorisation des actes de kinésithérapie
Les revalorisations tarifaires des kinésithérapeutes, initialement prévues en juillet 2025, ont été reportées au 1er janvier 2026. Elles se traduisent par une hausse des cotations de nombreux actes, entraînant une augmentation moyenne d’environ 8 % des honoraires. Pour les assurés, la prise en charge par l’Assurance maladie reste inchangée, mais le montant remboursé et la part couverte par les complémentaires santé augmentent mécaniquement.
Nouveau forfait médecin traitant
À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, la convention médicale 2024-2029 met en place un nouveau forfait médecin traitant (FMT), remplaçant à la fois le forfait patientèle médecin traitant (FPMT) et la ROSP (Rémunération sur objectifs de santé publique). Ce changement traduit une volonté de simplifier et valoriser le rôle du médecin traitant dans le suivi global et préventif des patients.
Le FMT est un forfait annuel versé pour chaque patient dont le médecin est déclaré traitant, indépendamment du nombre de consultations effectuées. Il repose sur une logique individualisée, prenant en compte la complexité du suivi du patient, notamment :
- l’âge (les patients âgés ont une valorisation plus élevée),
- la présence d’une affection de longue durée (ALD),
- la précarité sociale de la patientèle,
- le parcours de prévention (vaccinations, dépistages, suivi des pathologies).
Le forfait se compose d’une part socle et de majorations spécifiques :
- la part socle est revalorisée significativement par rapport aux anciens dispositifs (par exemple, jusqu’à 100 € par an pour un patient de plus de 80 ans en ALD),
- une majoration de 10 € par an est prévue pour chaque patient bénéficiant de la Complémentaire santé solidaire,
- des majorations supplémentaires peuvent s’appliquer selon la situation du médecin (ex. exercice en zones sous-dotées, âge du praticien).
La part « prévention » du forfait encourage le suivi des indicateurs de santé publique validés pour chaque patient (vaccination, dépistages, etc.), avec des montants supplémentaires (par exemple 5 € par indicateur validé).
Ce nouveau mécanisme renforce à la fois la coordination des soins et le suivi préventif des patients par leur médecin traitant, tout en simplifiant et en consolidant les dispositifs de rémunération forfaitaire existants.
Création d’un congé de naissance
Les parents des enfants nés ou adoptés à compter du 1er janvier 2026 ou nés avant cette date et dont l’accouchement était présumé intervenir après le 1er janvier 2026, ont désormais droit à un congé de naissance. Ce congé s’ajoute au congé de maternité et au congé de paternité. ll pourra être pris par les deux parents ou l’un d’eux deux parents à compter du 1er juillet 2026, lesquels pourront en bénéficier au même moment ou à une période différente.
Le congé de naissance dure, au choix du salarié, un mois ou deux mois. Pendant la durée du congé, dès lors que le parent cesse son activité professionnelle, il aura droit à une indemnité d’un montant forfaitaire qui sera déterminé par décret Le congé de naissance donne droit à un trimestre de retraite.
Limitation de la durée des arrêts de travail
A partir du 1er septembre 2026, la durée des arrêts de travail pour maladie sera limitée. Elle ne pourra pas être supérieure à un mois pour une première prescription, et à deux mois en cas de renouvellement.
Le professionnel de santé (médecin, sage-femme ou chirurgien-dentiste) qui prescrit un arrêt de travail, devra mentionner le motif et la durée cet arrêt. Il pourra déroger à cette limitation « au regard de la situation du patient » et en le justifiant sur leur prescription.
Certaines prothèses capillaires remboursées à 100%
Depuis le 1er janvier 2026, les prothèses capillaires (prescrites à la suite d’une chute de cheveux engendrée par une maladie ou un traitement médical) de classe 2 (composées de 30% à moins de 50% de cheveux naturels) font partie du panier de soins du « 100% santé ». Ce dispositif permet aux assurés des contrats « responsables » (qui respectent les planchers et les plafonds de remboursement établis par la Sécurité sociale) de complémentaire santé de ne pas subir de reste à charge, sachant que ces contrats représentent 95% du marché des « mutuelles ».
Par le biais du « 100% santé », un(e) salarié(e), dont la complémentaire santé collective est responsable, n’a ainsi plus de sommes restantes à payer après les remboursements de l’Assurance maladie et de sa mutuelle pour une prothèse capillaire de classe 2. Les prothèses de classe 3 (50% à moins de 100% de cheveux naturels) et de classe 4 (100% de cheveux naturels) n’entrent pas, elles, dans le panier de soins du « 100% santé ». Quant aux prothèses capillaires de classe 1 (des perruques en fibres synthétiques), elles sont intégralement prises en charge par l’Assurance maladie, dans la limite de 350 euros.
Prise en charge intégrale des fauteuils roulants
Depuis le 1er décembre 2025, un nouveau dispositif instaure une prise en charge intégrale des fauteuils roulants ouvrant droit à remboursement par l’Assurance maladie. Sont concernés les équipements inscrits à la Liste des Produits et Prestations (LPP), c’est-à-dire reconnus comme répondant à des critères techniques et tarifaires fixés par les pouvoirs publics.
Dans une logique proche de celle des réformes du « 100% Santé », ce mécanisme garantit l’absence de reste à charge pour l’usager et la suppression de l’avance de frais grâce à la généralisation du tiers payant auprès des distributeurs conventionnés. L’Assurance maladie devient l’interlocuteur unique pour le financement, simplifiant les démarches et limitant le recours aux financements multiples.
Le dispositif couvre également les options et adjonctions nécessaires à la compensation du handicap (appuis-tête, coussins, adaptations posturales…), ainsi que certains modèles spécialisés. Il intègre l’ensemble du cycle de vie du fauteuil, avec une prise en charge renforcée de l’entretien et des réparations via un forfait annuel de maintenance revalorisé, fixé à environ 260 € par an pour un fauteuil manuel et 750 € par an pour un fauteuil électrique.
Un calendrier de bascule progressive est prévu jusqu’au 30 novembre 2026 : selon la date de prescription et de facturation, certaines situations peuvent encore relever de l’ancienne nomenclature. À compter du 1er décembre 2026, seul le nouveau cadre s’appliquera.
Prise en charge d’une consultation longue sur la ménopause
Depuis le 1er janvier 2026, les femmes âgées de 45 à 65 ans peuvent bénéficier d’une consultation longue. L’objectif est de repérer d’éventuels facteurs de risque liés à la ménopause (troubles cardiovasculaires, ostéoporose…), d’atténuer les symptômes les plus handicapants (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, troubles de l’humeur…) et proposer un traitement hormonal, si besoin.
La consultation peut intégrer un volet gynécologique, une évaluation cardiovasculaire et un suivi ostéo-articulaire. Elle peut être assurée par un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme, sans dépassement d’honoraires. Elle est prise en charge par l’Assurance maladie et la complémentaire santé. Une salariée n’aura ainsi pas de reste à charge grâce à sa « mutuelle »d’entreprise.
Renforcement du dispositif « Mon Soutien Psy »
Le dispositif Mon soutien psy connaît une montée en puissance visant à faciliter l’accès au soutien psychologique et à renforcer la prise en charge des consultations en ville. Il permet aux personnes dès l’âge de 3 ans présentant une souffrance psychique légère à modérée de consulter un psychologue conventionné, avec un accès direct sans prescription médicale préalable, simplifiant ainsi le parcours de soins.
Le dispositif ouvre droit à jusqu’à 12 séances remboursées par année civile, comprenant une séance d’évaluation initiale puis des séances de suivi. Les consultations sont tarifées à 50 €, sans dépassement d’honoraires autorisé. L’Assurance maladie prend en charge 60 % du tarif, tandis que le reste à charge de 40 % peut être couvert par la complémentaire santé, notamment dans le cadre des contrats collectifs. Des dispositifs de tiers payant existent déjà pour certaines situations (bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, ALD, maternité, accident du travail…).
À noter : la LFSS 2026 prévoit la généralisation du tiers payant sur la part obligatoire pour les séances réalisées dans le cadre de Mon soutien psy, à compter du 1er octobre 2026 (modalités d’application fixées par décret), afin de limiter l’avance de frais pour les assurés.
Dentaire : modification d’actes et des paniers
Dans le cadre de la convention nationale des chirurgiens-dentistes 2023-2028, des évolutions sont apportées dès le 1er janvier sur les paniers de soins et sur certains actes dentaires.
- Passage du panier Maitrisé vers le panier 100% Santé
- Couronne monolithique Zircone, sur molaires
- Bridge Zircone, sur toutes les dents
- Ajout au panier Maitrisé
- Mainteneur espace pédodontique sur toutes les dents (nouvel acte CCAM)
- Revalorisation de tous les Honoraires Limite de Facturation
- La plupart des actes présents aux paniers 100% Santé et Maitrisé voient leurs Honoraires Limite de Facturation revalorisés à la hausse
- Seuls les Inlay-core subissent une baisse
- Baisse progressive de la base de remboursement et du prix limite de vente des Inlays-core, jusqu’en 2028, sur les 3 paniers (100% Santé, Maitrisé et Libre)
- La BR passe à 70€ (contre 90€ en 2025)
- Le PLV passe à 150€ (contre 175€ en 2025) – il n’y a pas de PLV sur le panier Libre